Vous consultez une annonce immobilière et vous voyez la mention « honoraires à la charge du vendeur » ou « honoraires à la charge de l’acquéreur ». La différence semble claire. En pratique, la loi Alur a surtout changé la façon dont ces honoraires doivent être affichés, bien plus que la question de savoir qui signe le chèque à l’agence.
Assiette de calcul des frais de notaire : le vrai enjeu derrière la répartition des honoraires
La plupart des articles sur le sujet se concentrent sur « qui paie ». La question plus utile pour votre portefeuille concerne l’assiette sur laquelle le notaire calcule ses droits de mutation.
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Quand les honoraires d’agence sont à la charge de l’acquéreur, le prix de vente inscrit dans l’acte notarié correspond au prix net vendeur, sans la commission. Les droits de mutation (souvent appelés « frais de notaire ») sont alors calculés sur ce montant réduit.
Quand les honoraires sont à la charge du vendeur, la commission est incluse dans le prix affiché. Le notaire calcule les droits de mutation sur la totalité. L’acquéreur paie donc des frais de notaire plus élevés, même si la somme globale de la transaction reste identique.
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Prenons un exemple simple. Un appartement affiché à un prix net vendeur donné, avec une commission d’agence à côté. Si cette commission est « charge acquéreur », elle sort de l’assiette notariale. Si elle est « charge vendeur », elle reste dedans. La différence sur les frais de notaire peut représenter plusieurs centaines d’euros.

Loi Alur et affichage des honoraires d’agence : ce qui a vraiment changé
La loi Alur, adoptée en 2014, n’a pas interdit les honoraires à la charge de l’acquéreur en matière de vente immobilière. Elle n’a pas non plus imposé un basculement automatique vers le vendeur. Ce qu’elle a renforcé, c’est la transparence.
Obligations d’affichage dans les annonces immobilières
Avant Alur, l’affichage du prix dans les annonces manquait souvent de clarté. Depuis, toute annonce publiée par un professionnel de l’immobilier doit préciser :
- Le prix de vente, en indiquant s’il inclut ou non les honoraires (mention FAI pour « frais d’agence inclus », ou prix hors honoraires)
- Le montant des honoraires exprimé en pourcentage du prix, et la partie qui les supporte (vendeur ou acquéreur)
- Le prix net vendeur, c’est-à-dire la somme que le vendeur percevra réellement après déduction de la commission
Ces obligations s’ajoutent à celles déjà prévues par la loi Hoguet de 1970, qui encadre l’activité des agents immobiliers. La loi Alur a renforcé l’information de l’acquéreur, pas modifié la liberté contractuelle sur la répartition.
Le mandat détermine la répartition
C’est le mandat de vente signé entre le vendeur et l’agent immobilier qui fixe à qui incombent les honoraires. Le vendeur et l’agent en conviennent librement. Un mandat « charge vendeur » intègre la commission dans le prix affiché. Un mandat « charge acquéreur » l’ajoute au prix net vendeur.
Une pratique courante, signalée dès les années 1990 par la jurisprudence, consistait à signer un mandat de vente « charge vendeur », puis à faire signer un mandat de recherche à l’acquéreur pour transférer la commission sur lui. Cette manoeuvre visait à réduire l’assiette des frais de notaire. Depuis Alur, l’obligation de transparence rend ce montage plus visible, car l’annonce doit afficher clairement la répartition dès la publication.
Prix FAI et prix net vendeur : lire correctement une annonce après la loi Alur
Vous avez déjà remarqué que deux annonces pour des biens comparables affichent des prix très différents ? La raison tient souvent à la façon dont les honoraires sont présentés.
Un prix affiché FAI (frais d’agence inclus) paraît plus élevé qu’un prix net vendeur accompagné d’une mention « honoraires charge acquéreur » en dessous. Le coût total pour l’acheteur peut être strictement le même.
Pour comparer efficacement, il faut toujours reconstituer le prix total :
- Prix net vendeur + honoraires charge acquéreur = coût d’acquisition hors frais de notaire
- Prix FAI (charge vendeur) = même coût d’acquisition, mais les frais de notaire porteront sur la totalité
- La différence réside uniquement dans l’assiette des droits de mutation calculés par le notaire
Comparer deux annonces exige de raisonner en coût total, frais de notaire compris. Sans ce réflexe, vous risquez de croire qu’un bien « charge acquéreur » coûte plus cher alors qu’il peut revenir moins cher au final grâce à des frais de notaire réduits.

Honoraires d’agence en vente immobilière : ce que la loi Alur ne dit pas
La loi Alur a considérablement encadré les honoraires en matière de location (plafonnement, répartition stricte entre bailleur et locataire). En vente, le cadre est resté plus souple. Aucun plafond légal ne s’applique aux commissions d’agence sur une transaction de vente.
Le montant des honoraires reste fixé librement par l’agent immobilier. Il doit simplement être affiché en vitrine et dans chaque annonce, conformément à la loi Hoguet et aux renforcements apportés par Alur.
La négociation du montant de la commission reste possible. Elle se discute au moment de la signature du mandat, pas au moment du compromis. Le mandat est le seul document qui engage juridiquement la répartition et le montant des honoraires.
Pourquoi certains agents préfèrent la charge vendeur
Afficher un prix FAI (charge vendeur) simplifie la lecture de l’annonce pour l’acquéreur : un seul prix, tout compris. L’agent évite aussi les discussions sur le montant de sa commission, puisqu’elle disparaît visuellement dans le prix global.
D’autres agents privilégient la charge acquéreur pour l’argument des frais de notaire réduits. Les deux approches sont légales. Le choix dépend de la stratégie commerciale de l’agence et du contexte du mandat.
La loi Alur n’a pas tranché entre ces deux pratiques. Elle a posé une exigence simple : que l’acquéreur puisse, dès l’annonce, identifier le prix net vendeur, le montant des honoraires et la partie qui les supporte. Le reste relève de la négociation entre vendeur et agent immobilier, formalisée dans le mandat de vente.

